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05 janvier 2007

Galerie Hors Sol

Paris, le 19 décembre 2006. Rencontre avec Cécile Griesmar, directrice de la Galerie Hors Sol et co-organisatrice de SLICK, foire commerciale d'art contemporain.

Cécile a débuté sa carrière dans l'édition en tant qu'indépendante, années pendant lesquelles elle se construit un réseau. A son sens, on ne devient pas galeriste par hasard, c'est grâce à ses rencontres qu'elle s'est ensuite engagée sur le marché de l'art contemporain. Férue d'indépendance, elle y évolue depuis plusieurs années, s'investissant dans des commissariats d'exposition en France et à l'étranger, et participant à l'organisation de nombreux festivals et foires de bibliophilie.

En 2005, en prolongement de ses activités, elle ouvre la Galerie " Hors Sol " où elle poursuit ses réflexions sur l'image. Conservant cet attrait pour la bibliophilie, elle expose des livres objets. Un parti pris ayant pour ambition d'élever le livre d'artiste au rang d'art.

Une des activités de la Galerie concerne l'achat d'art comme placement fiscal, favorisé par la loi sur le mécénat d'entreprise qui a fortement dynamisé le marché de l'art. En abordant la difficulté de concilier le commerce et l'art, nous évoquons aussi les différences culturelles en matière de 'consommation de l'art', en France où le discours qui sous-tend l'œuvre sera privilégié à la réalisation ; contrairement aux américains, plus attachés à l'émotion et à l'impact de l'œuvre.

Cécile est passionnée, engagée. Au-delà de la définition du galeriste " marchand d'art ", elle s'est donnée pour priorité la promotion de nouveaux jeunes artistes, qu'il faut accompagner dans le développement de leur carrière. Construire, évoluer et conseiller l'artiste, un rapport complice qui soutient la médiatisation de celui-ci.
De même que la galeriste a un rôle de médiateur entre l'artiste et son public, il est important que l'artiste soit prêt au moment de l'exposition. Elle insiste sur la notion de maturité : " La carrière d'un artiste s'apprécie sur la durée. Pour que je puisse capitaliser sur une œuvre et livrer au spectateur une démarche artistique, il faut que l'artiste ait un travail en évolution. L'artiste d'aujourd'hui, comme d'hier, doit être un artisan, un chef d'entreprise avec des compétences d'organisation, et la rigueur que nécessite par la suite une commercialisation de son art. Une exposition rend visible, cristallise une œuvre. Ce lancement est une sorte de rendez-vous qu'il ne faut pas manquer ".
Elle sourit lorsque je lui demande comment elle devine qu'un artiste a de l'avenir, et me répond : " C'est là toute la question ! La productivité, la capacité à se renouveler et la progression sont autant de signes qui s'ajoutent à mon intuition ".

C'est dans cette logique de " dénicheur de talents " que naît " SLICK ", une foire Off commerciale d'art contemporain qu'elle a cofondée avec Johan Tamer-Morael directeur de la Galerie Artcore et la journaliste Aude de Bourbon Parme.
Une alternative à la FIAC huppée du Grand Palais et autres foires Off, comme la très select Frieze Art Fair de Londres où peu de galeries françaises étaient exposées.
Pour cette première édition, SLICK profite de l'effervescence de la FIAC pour présenter 22 galeries internationales d'art contemporain qui ont investit La Bellevilloise du 27 au 30 octobre 2006. Un lieu de création mythique, empreint d'histoire depuis ses origines au cœur d'un quartier populaire parisien. Une façon d'afficher l'ouverture d'esprit, le dynamisme et l'accessibilité qui caractérise SLICK.
Véritable tremplin, SLICK a été l'occasion pour des artistes et des galeries émergentes d'être présentés pour la première fois dans une foire à des prix encore abordables.
Première édition réussie avec un bilan de 10 000 visiteurs, " nous avons largement dépassé toutes nos espérances ", me précise-t-elle enthousiaste. " Une 2e édition est prévue, toujours à La Bellevilloise, avec la volonté de garder cet esprit libre de diffuseur de " nouveaux " jeunes artistes, tout en améliorant la qualité de la foire ".

Contrairement à la FIAC, SLICK a été l'occasion d'exposer les arts numériques grâce à un espace 'Art Vidéo' et un espace 'Art numérique' ; une sélection reflétant l'envie profonde de bousculer les convenances et de remettre en question les médiums de l'art contemporain.
A cette occasion, je cite l'œuvre "Wash room" d'Antoine Fritche, une installation stéréoscopique et voyeuriste qui pénètre l'intimité d'une jeune femme dans sa salle de bains. Une œuvre que j'avais eu l'occasion de découvrir au festival Temps d'images. Ici, elle m'a paru différente, la boîte était posée au milieu de la pièce et mise en valeur comme une installation - à la différence de Temps d'images qui dirigeait le visiteur droit vers l'œilleton sans mettre en valeur le contenant. " Les œuvres racontent autre chose en fonction du contexte ", me dit-elle. Ce qui m'amène à lui livrer mes impressions - lors de mon passage à SLICK - sur l'espace consacré à la Galerie Hors Sol. Ne faisant pas de mise en avant particulière, le regard allait au hasard pour découvrir un artiste, puis un autre. Si bien que l'oeuvre spirituelle de Catherine Nyeki, déclinée sur de grands panneaux numériques, s'exposait sans heurt à côté de la série de photographies de bondage de Romain Slocombe.

Je lui parle aussi de mon intérêt pour les tapis de guerre de Michel Lebrun Fanzarolli, une œuvre imposante, art de démonstration, d'actualité, d'anticipation, et se référent à l'histoire de l'art. " La synergie parfaite pour un galeriste ", m'avoue Cécile.

Doom1

Mon regard parcourt les murs de la Galerie pendant que nous commentons l'exposition en cours. Doomlike2 de Philippe UG, s'inspire du jeu vidéo Doom et propose un mélange surprenant de jeux vidéo et de manga. Le pixel est à l'honneur et résonne ici comme les premiers balbutiements de l'image numérique. Les couleurs vives s'entrechoquent et stigmatisent cette culture pop. En feuilletant le livre, je m'amuse à recomposer des visages, changer les yeux grâce à des manipulations de papier.

Nous terminons notre conversation avec quelques mots sur la prochaine exposition. La Galerie exposera Tina Mérandon avec " Vertigo ", une série de photographies sur les hommes politiques. Cécile conclut malicieusement : " Un certain regard sur le pouvoir... ".


Propos recueillis par Valérie Kerbage

Galerie Hors Sol
4, rue Chérubini, 75002 Paris
Tél : (0033) 01 48 05 78 58
Ouvert du mercredi au samedi de 15 heures à 19 heures

Slick Art Fair

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